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Sortie tempo 29/01/2026

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6’36 » en mode confort : et maintenant, je fais quoi ?

Jeudi 29 janvier. Je n’ai pas couru depuis dimanche et le test de 28km. Trois jours de repos, c’est suffisant pour repartir sans risquer la surcharge. Claude me propose un tempo modéré : 11-12km entre 6’45 » et 7’00″/km, RPE 6-7. Une séance de relance, pas un test. Structure classique : 2km d’échauffement progressif, 8km de tempo continu, puis retour calme. Zones cardiaques calées : 122-137 bpm en échauffement, 137-145 bpm sur le tempo, retour sous 130 bpm. Rien d’extraordinaire sur le papier.

La séance

Retour de séance, première impression : agréable. RPE 6, peut-être même pas 7. Conversationnel, fluide. Le test Mississippi passe sans effort sur les kilomètres 5 et 9. Puis je regarde la montre : 6’36″/km sur les 8 kilomètres de tempo. Neuf secondes plus rapide que l’objectif bas de 6’45 », vingt-quatre secondes plus rapide que le haut à 7’00 ». Avec un RPE de 6 sur 10, pas 7.

J’envoie les captures d’écran à Claude. Sa réponse arrive avec son lot d’emojis et de majuscules : « 🔥 SÉANCE EXPLOSÉE ! Relance Post-Repos Validée ! » Il détaille la performance : 11,81 km en 1h20’07 », allure moyenne 6’47″/km, FC moyenne 146 bpm selon le Coros. Il identifie ce qu’il appelle un « breakthrough majeur » : courir à 6’36″/km avec un RPE de 6 ouvrirait la porte à des projections ambitieuses pour Rome.

Je lis son analyse. Les chiffres sont là, mathématiquement cohérents. Mais quelque chose me turlupine. Cette FC moyenne de 146 bpm affichée par le Coros ne colle pas vraiment avec mon ressenti « agréable ». À 146 bpm, je devrais être en zone seuil, effort soutenu. Pas en mode conversationnel tranquille.

L’écart qui change tout

Je portais deux capteurs ce soir-là. Le Coros Pace 2 au poignet droit, comme d’habitude. Et un brassard Polar à l’avant-bras gauche. Comparons.

MétriqueCoros Pace 2Polar BrassardÉcart
FC moyenne146 bpm139 bpm-7 bpm
FC max167 bpm159 bpm-8 bpm

Sept battements d’écart sur la moyenne, huit sur le pic. Ce n’est pas anodin.

Le capteur optique du Coros, placé au poignet, estime la fréquence cardiaque en mesurant le flux sanguin sous la peau. En course à pied, les mouvements du bras créent des parasites. Le capteur dérive, surtout à l’effort. Le brassard Polar, lui, utilise des électrodes qui captent directement le signal électrique du cœur. C’est la référence. L’écart de 7-8 bpm entre optique et électrique est classique, documenté. Le Polar dit la vérité.

139 bpm, donc. Pas 146. Je reprends l’analyse avec ce chiffre. 139 bpm, c’est la zone d’endurance modérée haute, pas le seuil. C’est exactement cohérent avec mon RPE de 6 « agréable ». Pas de mystère, pas d’incohérence. Mon corps fonctionnait normalement. C’est le capteur qui mentait.

Ce que ça signifie

Avec une FC repos à 47 bpm et une FC max mesurée à 175 bpm, ma réserve cardiaque est de 128 bpm. À 139 bpm, j’utilise 92 battements au-dessus du repos, soit 72% de ma réserve. Pour un coureur au profil cardiaque standard (FC repos 60-70 bpm), cette même allure de 6’36″/km déclencherait une FC de 155-165 bpm, soit 85-90% de réserve. J’ai 16 à 26 battements de moins. C’est ça, l’avantage bradycarde au travail.

Les muscles suivent la pompe. Cette philosophie d’entraînement que j’ai adoptée depuis juillet trouve ici une validation concrète. Ma pompe cardiaque, entraînée en volume sur des mois, tourne à un régime « confortable » là où d’autres seraient déjà dans l’effort soutenu. Le moteur est efficace. Reste à savoir si les jambes suivront sur 42 kilomètres.

Claude projette des scénarios pour Rome. Si 6’36 » correspond à un RPE de 6, alors à RPE 7-8 sur marathon, l’allure pourrait descendre vers 6’10 »-6’20″/km. Mathématiquement, c’est séduisant. Mais je connais l’écart entre une séance de 12km un jeudi soir et tenir un marathon un dimanche matin. Les chiffres ouvrent des possibilités. Ils ne garantissent rien.

Mon objectif reste Sub 4h15 (6’03″/km). Mon filet de sécurité, Sub 4h30 (6’24″/km). Courir à 6’36 » en mode confort, c’est 33 secondes au-dessus de la cible Sub 4h15. Avec sept semaines d’entraînement devant moi, ce gap ne me fait pas peur. Mais il ne me fait pas non plus basculer dans l’euphorie. Une séance ne fait pas un marathon.

Et maintenant ?

Dimanche prochain, 1er février : sortie longue de 20km à 7’00 »-7’15″/km. Après cette séance à 6’36 », cette allure sera presque une récupération active. Mais c’est justement le plan. Pas question de surcharger. Il s’agit de consolider le volume, de laisser le corps encaisser sans forcer. Le vrai test viendra le 15 février : 22km pour valider si cette efficacité cardiaque tient vraiment sur la distance.

D’ici là, je continue à construire. Le Polar restera au bras gauche. Le Coros au poignet droit. Les deux capteurs, les deux vérités. On verra où ça mène.


Données de séance :

  • Distance : 11,81 km
  • Durée : 1h20’07 »
  • Allure moyenne : 6’47″/km
  • Meilleur segment : 8km @ 6’36″/km
  • FC moyenne : 139 bpm (Polar) / 146 bpm (Coros)
  • RPE : 6/10
  • Conditions : 11°C, 53% humidité